CIIL - Lettre d'information, Juin 2026 - N° 19

Portraits de Doctorant

Née et élevée en Alsace, j’ai toujours été curieuse de comprendre le fonctionnement de ce qui nous entoure, notamment en lien avec la biologie et la santé. Donc, après mon bac scientifique, j’ai réalisé 2 années de licence Sciences de la Vie à Strasbourg avant de rejoindre l’École Supérieure de Biotechnologie de Strasbourg (ESBS) pour y obtenir un diplôme d’ingénieur en biotechnologie, un master en biologie moléculaire et un diplôme universitaire en éco-responsabilité. Depuis la licence, ma curiosité m’a poussée à réaliser de nombreux stages dans différents labos académiques (biologie structurale, biologie moléculaire, immunologie, enzymologie, développement de médicaments,…). J’ai notamment fait un stage de trois mois au CIIL en 1ère année d’école d’ingénieur dans l’équipe de Ruben Hartkoorn, durant lequel j’ai travaillé sur un projet visant à comprendre et à optimiser l'association de promédicaments et de boosters agissant sur les régulateurs de transcription contre les bactéries multirésistantes. Ce stage m’a donné un avant-goût de la recherche sur la résistance aux antibiotiques. Afin de découvrir un autre milieu que le milieu académique, j’ai réalisé mon stage de fin d’études en industrie à New England Biolabs aux États-Unis sous la supervision de Peter Weigele et Yan-Jiun Lee. Mon projet de recherche portait sur la biochimie des enzymes phagiques impliquées dans l’hypermodification de l’ADN comme mécanisme de défense contre les enzymes de restriction bactérienne. Plus précisément, j’ai caractérisé l’activité de la famille des thymidylate synthases et ingénié ces enzymes afin de moduler leurs substrats ou les types d’hypermodifications, en tant qu’outils moléculaires. En parallèle, pendant ce stage, j’ai préparé et passé le concours de l’école doctorale de Lille afin de financer mon doctorat dans l’équipe de Ruben Hartkoorn. Je suis donc revenue au CIIL pour faire une thèse sur un sujet qui me tient particulièrement à cœur, la résistance aux antibiotiques.

Depuis trois ans, j’apprends et je me forme à la recherche sur le développement de médicaments tout en étudiant, entre autres, les mécanismes de résistance chez K. pneumoniae, l’infectiologie des souches cliniques et la pharmacologie des médicaments. J’ai eu l’opportunité de mettre en place un nouveau modèle d’infection au sein de notre équipe, le modèle des larves de Galleria mellonella, qui nous permet d’étudier la virulence de souches cliniques, mais également l’activité de nos composés seuls ou en combinaison. Je me suis également formée à l’expérimentation animale aux côtés de Laurye Van Maele de l'équipe Bacteria, Antibiotics & Immunity (BAI) pour évaluer les meilleures combinaisons dans un modèle murin de pneumonie. Au cours de cette thèse, j’ai identifié des combinaisons prometteuses d’EPI et d’antibiotiques capables de combattre la résistance chez des souches de K. pneumoniae multirésistantes in vitro et in vivo et de comprendre les mécanismes sous-jacents.

Après ma thèse, je souhaite retourner près des montagnes, ayant dû mettre largement de côté une de mes activités préférées durant ces 3 années à Lille : la randonnée. Désolée, les terrils du Nord ne m’ont pas convaincue…