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Les maladies respiratoires chroniques constituent une des causes majeures de mortalité et de morbidité. L’appareil respiratoire se situe à l’interface entre l’environnement et l’hôte, et joue un rôle majeur dans le développement de la réponse immune de l’hôte bénéfique ou délétère. Cette réponse est une des voies à cibler pour modifier l’évolution naturelle des maladies respiratoires. Parmi elles, notre équipe étudie deux pathologies respiratoires, le syndrome de détresse respiratoire aigu (SDRA), très souvent d’origine infectieuse et l’asthme sévère. Du fait de nos liens forts avec le service de pneumologie et de réanimation du CHU de Lille, nous sommes très focalisés sur le retour aux patients de nos travaux de recherche.
Dans le cadre du SDRA, un lien a été montré entre des taux bas d’endocan, un protéglycane endothélial cloné au laboratoire, et le développement d’un SDRA lors d’un choc septique (Gaudet et al, J Crit Care, 2018). Ceci  nous a conduit à évaluer l’endocan dans une cohorte de patients atteints de COVID ayant séjourné dans le service de réanimation de l’hôpital Foch à Suresnes. Les résultats ont montré que l’endocan était plus élevé chez les patients COVID versus non COVID, et que les patients développant les SDRA les plus sévères avaient les taux les plus bas d’endocan entre J3 et J5 après l’entrée en réanimation, suggérant un rôle prédictif de cette molécule dans le développement d’un SDRA chez les patients COVID (Pascreau et al, Crit care, 2021).
Dans le cadre de l’asthme, celui-ci demeure un challenge majeur du fait de la multiplicité de ses phénotypes cliniques et de ses mécanismes biologiques. Si l’asthme sévère ne représente que 5 à 10% de la totalité des asthmes (qui touche quand même plus de 300 millions de personnes dans le monde), c’est cette forme qui génère la quasi totalité des dépenses de santé afférentes à cette pathologie. On distingue schématiquement les asthmes T2 (avec un profil éosinophilique) et les asthmes non-T2 (avec des profils neutrophiliques ou mixtes). Ces asthmes sont sujets à de fréquentes exacerbations, qui peuvent être provoquées par des infections, des expositions allergéniques, ou des agressions par les polluants. C’est dans ce contexte que l’équipe immunité pulmonaire, s’intéresse aux mécanismes immunobiologiques de l’asthme, afin de proposer de nouvelles cibles thérapeutiques, en décortiquant les mécanismes dans des modèles animaux, et en les évaluant dans des cohortes de patients asthmatiques.
Ainsi nous avons montré dans un modèle expérimental T2 d’asthme aux acariens, que la détection par NOD1 de certaines bactéries associées aux acariens, aggrave la sévérité de l’asthme in vivo, et qu’inhiber cette voie pourrait être une approche thérapeutique pour traiter l’asthme (Ait Yahia et al, J Allergy Clin Immunol, 2021). Dans un modèle cette fois ci non T2 neutrophilique induit par l’allergène de chien et générateur d’un fort remodelage bronchique, l’inhibition de voies conduisant à la production d’IL-22 atténue ce phénotype (Bouté et al, Allergy, 2021). Vous trouverez plus bas deux vidéos 3D montrant le remodelage bronchique par la visualisation par microscopie bi-photonique des fibres collagènes (en vert) soit au niveau du poumon  en base, soit dans le modèle d‘asthme non T2 (collaboration E Weirkmeister, équipe microbiologie cellulaire et physique de l'infection). Comme il n’existe actuellement aucune biothérapie ciblant les asthmes non-T2, ces résultats sont très prometteurs et des études de « preuves de concept » sont actuellement en cours (START AIRR soutenu par la région Hauts de France)
Ainsi nos travaux mettent en exergue différentes voies qui pourraient constituer des biothérapies du futur dans l’asthme sévère.

Pour plus de détails sur l'équipe : ICI

 

les fibres de collagène de type I peri bronchiques sont visualisées en vert par la génération de signaux de seconde harmonique (SHG) en microscopie bi-photon au niveau du poumon en base. Les autres structures du poumon apparaissent en rouge.

les fibres de collagène de type I peri bronchiques sont visualisées en vert par la génération de signaux de seconde harmonique (SHG) en microscopie bi-photon au niveau du poumon après induction d’un asthme allergique au chien. Notez les fibres en triple hélice du collagène.


Titre du document Équipes précédemment présentées

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